le bon endroit au bon moment
Je voulais quitter Casa. Pour m’occuper ce week-end, il me fallait du « vrai », de l’étrange, de l’insolite, quelque chose qui satisfasse mes envies de jeune baroudeur. A 6h30 samedi, j’étais donc déjà sur le périphérique de la ville. A ce moment là, je ne sais pas encore si je pars au sud ou au nord. J’attends de voir la sortie qui sera la moins encombrée pour prendre une décision. Quand on veut partir, on se pose souvent la mauvaise question : « partir où ? ». Il est bien plus judicieux de se demander pourquoi. Et bien souvent, on cherche à trouver ailleurs un environnement, une atmosphère décalée de notre triste quotidien. Dans mon cas précisément, j’ai deux idées : si je pars au nord, je file à l’after du teknival d’Assilah qui a lieu dans le Rif, région hautement productive en « kif ». N’étant pas complètement branché à l’idée de me prendre pour TinTin, reporter sans frontières, je décide finalement de tracer dans le sud à la recherche de vagues parfaites. Tant pis, je prendrai des clichés de jeunes défoncés et comateux un autre jour.
El Oualidia, Safi, Essaouira. Je descend tranquillement la côte et me nourrie du fabuleux décor. Je dévore tout, c’est boulimique, tout les quarts d’heure la nature change de parure et tes yeux en prennent plein la vue. Un peu usée, mon Opel Corsa me demande une halte à Essaouira. J’ai bien conscience qu’elle me fait là un caprice de star, mais je me laisse mener en bateau. Je « chill » intra-muros et achète deux ou trois babioles, puis c’est la surprise : Pau-Paul. Paul Giard en vadrouille. On passe la soirée ensemble à déverser nos éclats de rire dans l’alcool et parmi les parfums d’encens. Trop sympa.
Je passe le reste du week-end à Immesouane. L’endroit est déconnecté du monde ou presque. Pour atteindre la petite pointe, il faut d’abord descendre un lacet alpin sur une dizaine de kilomètres. Le trajet final est meurtrier pour celui qui se laisse déconcentrer par les biquettes accrochées aux arbres ou par la splendeur de l’océan atlantique qui vient lécher la baie.
Chemise en lin et boardshort, je passe l’après midi dans l’eau pour un « remake » de Sprout. La pleine mer offre un shorebreak idéal pour sortir les petites planches, je change alors de costume, repose mon fish et m’en vais scorer dans le bac à sable. Fatigué, les épaules endolories par les coups de soleil et rouillées par la rame, je n’ai que quelques mètres à faire pour m’avachir dans le salon marocain de l’auberge. La soirée donnera tout son sens au roadtrip avec la rencontre de Yo et Jeff. Yo gère momentanément l’établissement pour rendre service à son copain, c’est le boss. Jeff est franco-suisse, il sera diplômé d’ingénierie en décembre mais c’est déjà un jeune réalisateur de cinéma. Autour d’un thé à la menthe, puis d’un couscous, on contemple la baie, on échange, on se comprend et c’est génial. Yo revient d’Israël, il y passe un mois tous les ans et, parfois même, il y travaille. En une soirée, j’en apprends plus sur le conflit israélo-palestinien qu’en deux mille JT de 13h. On cause de tout, d’actualité, de cinéma, de littérature, de shapes, de filles, de gastronomie, de science, de mode, de business, de politique. Les avis diverges, la douceur du thé et la beauté du cadre estompent les clivages idéologiques. Dans la magie du cadre et de l’instant, on se sent comme au bon endroit. Le soleil brûle ses dernières lueurs, la lune se dessine derrière les falaises, le djembé replonge dans son mutisme, nous ne pouvons pas nous le cacher, pour chacun la soirée restera gravée dans la mémoire.
Ce soir, plus que jamais à Casa, je suffoque. Comme un animal domestique, je rentre dans ma cage, je dois rester là. A une poignée de kilomètres, des douzaines de nationalités se rencontrent, se retrouvent, et je reste captif du système.
J’ai envie d’en finir alors je file faire mes courses au twin center. Un onze septembre à Casa, il y a forcément un kamikaze qui rode. Le twin center est une copie du World trade center donc j’ai à priori une chance de participer au feu d’artifice. Encore une fois il s'agira d'être au bon endroit au bon moment...
Edaïe
El Oualidia, Safi, Essaouira. Je descend tranquillement la côte et me nourrie du fabuleux décor. Je dévore tout, c’est boulimique, tout les quarts d’heure la nature change de parure et tes yeux en prennent plein la vue. Un peu usée, mon Opel Corsa me demande une halte à Essaouira. J’ai bien conscience qu’elle me fait là un caprice de star, mais je me laisse mener en bateau. Je « chill » intra-muros et achète deux ou trois babioles, puis c’est la surprise : Pau-Paul. Paul Giard en vadrouille. On passe la soirée ensemble à déverser nos éclats de rire dans l’alcool et parmi les parfums d’encens. Trop sympa.
Je passe le reste du week-end à Immesouane. L’endroit est déconnecté du monde ou presque. Pour atteindre la petite pointe, il faut d’abord descendre un lacet alpin sur une dizaine de kilomètres. Le trajet final est meurtrier pour celui qui se laisse déconcentrer par les biquettes accrochées aux arbres ou par la splendeur de l’océan atlantique qui vient lécher la baie.
Chemise en lin et boardshort, je passe l’après midi dans l’eau pour un « remake » de Sprout. La pleine mer offre un shorebreak idéal pour sortir les petites planches, je change alors de costume, repose mon fish et m’en vais scorer dans le bac à sable. Fatigué, les épaules endolories par les coups de soleil et rouillées par la rame, je n’ai que quelques mètres à faire pour m’avachir dans le salon marocain de l’auberge. La soirée donnera tout son sens au roadtrip avec la rencontre de Yo et Jeff. Yo gère momentanément l’établissement pour rendre service à son copain, c’est le boss. Jeff est franco-suisse, il sera diplômé d’ingénierie en décembre mais c’est déjà un jeune réalisateur de cinéma. Autour d’un thé à la menthe, puis d’un couscous, on contemple la baie, on échange, on se comprend et c’est génial. Yo revient d’Israël, il y passe un mois tous les ans et, parfois même, il y travaille. En une soirée, j’en apprends plus sur le conflit israélo-palestinien qu’en deux mille JT de 13h. On cause de tout, d’actualité, de cinéma, de littérature, de shapes, de filles, de gastronomie, de science, de mode, de business, de politique. Les avis diverges, la douceur du thé et la beauté du cadre estompent les clivages idéologiques. Dans la magie du cadre et de l’instant, on se sent comme au bon endroit. Le soleil brûle ses dernières lueurs, la lune se dessine derrière les falaises, le djembé replonge dans son mutisme, nous ne pouvons pas nous le cacher, pour chacun la soirée restera gravée dans la mémoire.
Ce soir, plus que jamais à Casa, je suffoque. Comme un animal domestique, je rentre dans ma cage, je dois rester là. A une poignée de kilomètres, des douzaines de nationalités se rencontrent, se retrouvent, et je reste captif du système.
J’ai envie d’en finir alors je file faire mes courses au twin center. Un onze septembre à Casa, il y a forcément un kamikaze qui rode. Le twin center est une copie du World trade center donc j’ai à priori une chance de participer au feu d’artifice. Encore une fois il s'agira d'être au bon endroit au bon moment...
Edaïe



1 Comments:
Asile, j'adore ce mot.
Merci bite en bois. Pour aller un peu plus loin comme le disent vos profs (vous qui n'avez pu vous sevrer du sacro saint système scolaire du model social européen), je te propose de faire un blog. Biaginouille.blogspot.com c nul. Si tu veux, on créer notre blog. Un blog sans photo, sans sujets pourris biensûr.
Post a Comment
<< Home