Sunday, September 24, 2006

Allez viens coupé décalé !!

« Si je n’ai pô dé Poôche Cayenne à trinte ans, je mé pends ». Christian, 21 ans, ivoirien étudiant avec moi à l’ESCA.

On ne peut, certes, pas parler d’un campus multiculturel ici à Casa, mais on compte quand même des étudiants originaires de différentes nations d’Afrique. J’ai noué de très bons liens avec un groupe sympa composé de Congolais et d’Ivoiriens. Vous n’imaginez pas à quel point cela est intéressant d’en apprendre d’avantage sur leurs pays. On plombe un grand nombre d’idées fausses que notre enseignement et nos médias avaient pu nous transmettre en France. Et entre deux éclaircissements sur la crise en Afrique noire, je travaille mon « coupé-décalé » sur un « mouvement di babi makossa », je vous souhaite de trouver plus ludique et délirant comme apprentissage. Alors rendons hommage à l’incroyable énergie, à la folle insouciance et à la pureté d’esprit de ces jeunes gens que rien ne pourrait pousser à dénigrer leur folklore.

Ce dimanche, la doctrine musulmane débute son combat contre les estomacs de millions de musulmans. Le ramadan va rythmer la vie à Dar-el-Baïda pendant un mois. Objectif : vous faire partager la souffrance qu’endure les pauvres durant le reste de l’année. Les comparaisons sont difficiles pour extrapoler sur de tels évènements. La plupart du temps, elles s’apparentent plus à des caricatures, je le sais mais je tente le coup. Pourquoi ? Bien, je viens de voir une publicité d’UNICEF sur Euronews dans laquelle la faim est considérée comme une maladie. Alors, je m’imaginais remplacer la faim par toutes sortes de maladies. Le ramadan, là-dedans, se révélerait être un mois durant lequel on vous contaminerait et l’on vous ferait endurer les souffrances insupportables d’un cancéreux ou d’un grand brûlé. Je trouve ça stupide, pour moi, c’est assez compatible avec l’hypocrisie qui règne ici. Enfin, comment peut-on prétendre être en phase avec le dessein religieux du ramadan quand on laisse ses salariés, sous payés, fouillés dans les poubelles ? Pour l’instant, je ne fais qu’observer comment s’opère la mutation du train de vie. Je note quand même certaines conséquences : hier, à la veille du jeun, les esprits s’échauffaient rapidement, les caves à vins étaient en rupture de stocks. A Medhia, il ne faisait pas bon être étranger et venir surfer la vague de jeunes surfeurs locaux qui prenait une dernière cuite en pleine après-midi. Je n’en ai pas fait les frais ? Si si… petite lapidation avant une mise à l’eau au pas de course, sous la pluie de gravillons qui se chargeaient d’acuponcturer ma nuque. Je remercie ces années de surf qui ont affublé mon physique de triceps et de pectoraux pouvant faire s’apaiser les esprits des plus énervés. Ce corps d’athlète combiné à une ouverture d’esprit assez large m’a peut-être bien sauvé la vie hier. Ce qui ne nous tue pas nous renforce, je sais, mais j’encaisse avec un sourire crispé. Sans rancune, ce soir j’irai à la mosquée Hassan II et je me mêlerai aux festivités avec les plus fidèles.

P-S : j’ai dressé les portrait de l’individu "souffre douleur" au Maroc : 14 ans, sexe féminin, peau noire, dépucelée et anorexique (aïe le ramadan). Avec ça, vous avez peu de chance de vous marrer tous les jours.

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