Monday, November 13, 2006

ralentissement-déviation-accident-péage

Désolé, j'avais oublié de distribuer du Popcorn pendant l'entracte.
La saison 2 est dans les bacs. Data updating............ l'histoire reprend.

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Edaïe

Thursday, October 05, 2006

Keep cool

Ma Corsa a frôlé la mise a nue, le désossement, l'humiliation publique. Alors que j'allais checker les conditions de surf de la journée sur Pepsi (spot de la Corniche), un bâtard est venu rendre visite à mon véhicule. Manque de pot, à deux minutes près, il aurait pu repartir avec la totale : fish, shortboard, combinaison, caméra, portable... Mais voilà, je l'ai aperçu et j'ai couru vers lui. Il a tout lâché et a pris ses jambes à son cou. Sprint jusque dans son bidonville, où je l'ai finalement perdu de vue. Une histoire de fou encore. Bref, ce soir, je n'ai pas de vitres, je suis non motorisé, je peux attendre avant de recevoir une vitre fixe arrière droit, modèle Corsa 1992. Chez Opel Casa, on m'a dit que cela pouvait se régler en 3 semaines, peut-être 3.5/4 parce-que vous comprenez avec le ramadan...
Va prévenir la police !!! Non non, ça ne sert à rien, ils étaient à 30 mètres du lieu et ils n'ont rien repéré. Avec ça, j'ai droit à "Ne vous en faîtes pas tant s'ils n'ont rien piqué, c'est bon, mais si vous voulez faire une déclaration à l'arrondissement..." Ok. C'est un peu la cerise qui fait déborder le vase ?

Edaïe

Wednesday, October 04, 2006

Perle rare au 28A ?

13h20 pétantes au fuseau horaire français et nous allons décoller. Je suis déjà installé sur le siège 27A. Il reste encore à remplir une bonne partie de la cabine et, comme à chaque fois, je scrute les individus pour deviner quel sera mon voisin. Comme toujours, à l’attitude des passagers, je comprends que mon regard devient trop pesant, alors je me retourne vers le hublot et je rêve qu’une créature extraordinaire vienne s’asseoir à côté de moi.
La scène de l’amour rencontrée le temps d’un trajet en transport commun se retrouve dans un grand nombre d’œuvres cinématographiques. In God’s Hands, Forest Gump, Titanic, Eternal Sunshine of the spotless mind… Forcément, je crois à ma bonne étoile moi aussi !! Verdict trente secondes plus tard....

_« Bonjour, je suis votre voisin : Jean Sernault, je travaille pour Negofram, un complexe de résidences à Dakar ».
_« Youpi, je m’appelle Eddy et j’ai déjà sommeil en voyant ta dégaine de blaireau. »

A cet instant, je ne crois plus en Dieu, j’exècre tout ce qui porte chance, j’aurai voulu avoir marché dans une chiasse de Mousker avec ma basket gauche avant de quitter la maison. Au mieux, le sort aurait assis Kate Winslet à ma droite, au pire j’aurai empesté l’avion, bien fait pour les retraités. Car, il faut bien l’avouer, la compagnie de Jean Sernault n’est rien à côté de celle de Christelle Cocheteux. Christelle est retraitée, elle tenait un salon de coiffure à Melun et depuis 6 ans elle parcoure le monde avec son club de bridge pour dépenser l’argent du contribuable. Il faut la voir excitée comme un puce, batifolant et se trémoussant quand Michel, ex-pompiste et son amant secret, l’aide à ranger sa valise en tapotant ses fesses. Par les temps qui courent, il est sûrement plus reposant de se déplacer en bus scolaire qu’en Boeing de la Royal Air Maroc.
Pour une abeille, le Maroc vu du ciel doit ressembler à un macaron géant aux pépites de chocolat. L’absence de vert transforme chaque arbre fleurit en une pure émeraude.
Finalement, j’ai fait le voyage avec Anne Gavalda et son bouquin « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ». Allez comprendre…

Edaïe

Tuesday, September 26, 2006

Histoire de lard

Dé-jeun-er : rupture du jeun. Ce midi, j’ai offensé la morale religieuse en me goinfrant d’une assiette de spaghettis aux lardons. L’affront apparaît d’autant plus insolent que le gras du porc est venu assaisonné mon repas. Affamé que j’étais, j’ai léché et re-léché les contours du plat, puis en reposant mes couverts, ma conscience est venu m’interpeller : « Attention jeune rebelle, Allah te punira, tu ne t’en sortiras pas comme ça ! ». Seul au bled, cette pensée me trotte un petit moment dans la tête jusqu’à ma décision de braver inconditionnellement tous châtiments religieux et de vivre intensément le voyage.
Alors, j’embarque en Corsa et je file faire un tour sur la corniche afin de guetter la houle pour l’après-midi. Pas le moindre mouvement au large, je m’attends à une apparition de Mahomet brandissant le Coran sur le siège droit du véhicule : « Digère ta punition brebis infidèle !! ». A ce moment, j’ai la sensation d’être agressé par tous les clergés du monde. J’entends un méli-mélo de voix d’églises qui récitent des versets, des sourates et qui me poursuivent sur l’autoroute. Je monte le son du lecteur CD, rien à faire, ils sont tous là derrière moi à ressasser leur infamies culpabilisantes, je me transforme en fugitif et je cherche asile au nord. Ma fuite effrénée semble porter ses fruits quand je prends la bretelle de Bouznika. Le bruit du moteur se dilue dans l’ambiance nonchalante des villages berbères et, au fil de mon vagabondage, je retrouve la paix et la quiétude spirituelles. Je vais errer sur les pistes côtières pendant un petit bout de temps, à la recherche d’un coin de plage inconnu. Je n’ai à cet instant aucune illusion sur les possibilités de surf, mais ma curiosité me pousse à emprunter les derniers sentiers d’Allah qui restent préservés des échos de Wall-Street. Au détour d’une jungle de roseaux, j’emprunte une allée qui s’enfonce dans les dunes ou paissent des moutons et, après une minute de trajet en première vitesse et des dizaines de « salams » adressés aux autochtones, je stationne sur une dune. En arrivant au sommet, je trouve avec stupéfaction une baie fantastique dans laquelle les rouleaux rentrent à intervalles réguliers. Le décor est à vous mettre à genoux, l’air est pur, l’eau cristalline et je reste bouche bée comme un japonais dans la grande galerie du Louvre. L’océan fait toile de fond à la splendeur terrestre du premier plan, ma vue est bouleversée, je me pince car je crois à un mirage mais c’est inutile car le Sahara est trop loin. Donc j’ai le privilège de contempler une œuvre d’art grandeur nature et je reste là de longues minutes à remplir mon âme de l’intemporalité de l’instant en cherchant la moindre faute de goût dans le tableau. Il manque une signature sur l’aquarelle alors j’ai envie de la dérobée, de me l’appropriée et de l’ajouter à ma collection privée. Rien ne m’aidera à emballer cette pointe rocailleuse et un tel volume d’eau, alors je cherche une solution pour que la fresque naturelle soit mienne le temps d’une après-midi. Eureka… je m’étais interdit de surfer des spots non répertoriés en venant ici mais, cette fois-ci, l’artiste qui est en moi se réveille et m’implore : « Eddy, essaies ! Mets toi à l’eau et vas te fondre dans le paysage ». Je ne réflechis plus, je trempe mes trois ailerons dans la palette de couleur et je file chercher des tons sfumato en me calant bien profond dans les barrels. Impressionniste, j’impose un surf sans bavure pour faire scintiller un arc en ciel à chaque gerbe d’eau lancée au soleil. La mélodie des vagues qui cassent m’inspire le requiem tant certaines séries sont impressionnantes. Cependant, je ne faiblis pas et recherche la parfaite osmose. Perfectionniste et soucieux de préserver l’hymne jouée par l’atlantique, je m’interdis le moindre cri qui ferait fausse note. Je dois alors souffrir en silence quand mes chevilles tambourinent contre la dalle de rochers à fleur d’eau. Une fois que j’estime avoir suffisamment joué avec mon imagination et craignant de mettre un coup de fusain sur le tableau, je sèche mes pinceaux et rend à mère nature son œuvre inachevée. Je le sais, aujourd’hui n’était qu’un brouillon, demain cyclones et autres tempêtes viendront réinventer la disposition et l’ordre des ingrédients.
En tout cas, ce soir, je me sens comme pardonné de mes pêchés, je n’irai peut-être pas au paradis mais j’en ai eu un aperçu. En nouveau converti, je veux faire preuve de partage alors je vais essayer de glisser images dès demain. Allah, c’est promis, demain, les lardons, j’arrête !

Sunday, September 24, 2006

Allez viens coupé décalé !!

« Si je n’ai pô dé Poôche Cayenne à trinte ans, je mé pends ». Christian, 21 ans, ivoirien étudiant avec moi à l’ESCA.

On ne peut, certes, pas parler d’un campus multiculturel ici à Casa, mais on compte quand même des étudiants originaires de différentes nations d’Afrique. J’ai noué de très bons liens avec un groupe sympa composé de Congolais et d’Ivoiriens. Vous n’imaginez pas à quel point cela est intéressant d’en apprendre d’avantage sur leurs pays. On plombe un grand nombre d’idées fausses que notre enseignement et nos médias avaient pu nous transmettre en France. Et entre deux éclaircissements sur la crise en Afrique noire, je travaille mon « coupé-décalé » sur un « mouvement di babi makossa », je vous souhaite de trouver plus ludique et délirant comme apprentissage. Alors rendons hommage à l’incroyable énergie, à la folle insouciance et à la pureté d’esprit de ces jeunes gens que rien ne pourrait pousser à dénigrer leur folklore.

Ce dimanche, la doctrine musulmane débute son combat contre les estomacs de millions de musulmans. Le ramadan va rythmer la vie à Dar-el-Baïda pendant un mois. Objectif : vous faire partager la souffrance qu’endure les pauvres durant le reste de l’année. Les comparaisons sont difficiles pour extrapoler sur de tels évènements. La plupart du temps, elles s’apparentent plus à des caricatures, je le sais mais je tente le coup. Pourquoi ? Bien, je viens de voir une publicité d’UNICEF sur Euronews dans laquelle la faim est considérée comme une maladie. Alors, je m’imaginais remplacer la faim par toutes sortes de maladies. Le ramadan, là-dedans, se révélerait être un mois durant lequel on vous contaminerait et l’on vous ferait endurer les souffrances insupportables d’un cancéreux ou d’un grand brûlé. Je trouve ça stupide, pour moi, c’est assez compatible avec l’hypocrisie qui règne ici. Enfin, comment peut-on prétendre être en phase avec le dessein religieux du ramadan quand on laisse ses salariés, sous payés, fouillés dans les poubelles ? Pour l’instant, je ne fais qu’observer comment s’opère la mutation du train de vie. Je note quand même certaines conséquences : hier, à la veille du jeun, les esprits s’échauffaient rapidement, les caves à vins étaient en rupture de stocks. A Medhia, il ne faisait pas bon être étranger et venir surfer la vague de jeunes surfeurs locaux qui prenait une dernière cuite en pleine après-midi. Je n’en ai pas fait les frais ? Si si… petite lapidation avant une mise à l’eau au pas de course, sous la pluie de gravillons qui se chargeaient d’acuponcturer ma nuque. Je remercie ces années de surf qui ont affublé mon physique de triceps et de pectoraux pouvant faire s’apaiser les esprits des plus énervés. Ce corps d’athlète combiné à une ouverture d’esprit assez large m’a peut-être bien sauvé la vie hier. Ce qui ne nous tue pas nous renforce, je sais, mais j’encaisse avec un sourire crispé. Sans rancune, ce soir j’irai à la mosquée Hassan II et je me mêlerai aux festivités avec les plus fidèles.

P-S : j’ai dressé les portrait de l’individu "souffre douleur" au Maroc : 14 ans, sexe féminin, peau noire, dépucelée et anorexique (aïe le ramadan). Avec ça, vous avez peu de chance de vous marrer tous les jours.

Sunday, September 17, 2006

Pont Blondin



La photo laisse penser que la droite était chaotique, détrompez-vous, les sections envoyaient un tube de dingue. Sans doute le meilleur right point break que j'ai eu l'occasion de surfer (keramas sans doute mieux mais...). La taille ? Regardez par rapport au bodyboardeur qui arrive dans le shorebreak. Il y avait du solide et surtout du très puissant, sur cette vague on enchaîne des sections parfois tubulaires et parfois molles. Celui qui a la chance de choper la reforme de la dale sur la deuxième section peut se caler un tube sur trente mètres, les bras en l'air.

Edaïe

Friday, September 15, 2006

Merci Benoît, t'arranges bien les choses ici.

Après 3 semaines de voyage, je découvre les facettes plus classiques de Casa. Il fait très chaud encore, pourtant la majorité des gens ont déjà troqué les tongs contre le blouson d'hiver. Comme des fourmis, chacun prépare la saison fraîche, on se dit que "maintenant c'est la rentrée alors on change de vêtements et de style de vie". Le temps change aussi mais moins rapidement. Avant-hier, la pluie a fait son apparition, elle venait s'écraser sur le sol comme des crachats. Vous savez, c'était cette averse lourde et fatiguée des pays chauds, celle qui donne l'impression de faire des efforts pour venir arroser notre sol, à moitié paresseuse et à bout de souffle.

La houle revient caresser le rivage marocain, j'en profite bien évidemment. Avant-hier Jack beach dans des conditions excellentes, aujourd'hui : Bouznika. Bouznika (se prononce Bouznira) est une vague assez impressionnante, elle tape sur une dale qui émerge à marée basse. Les rochers ressortent d'environ un bon mètre, et pour se mettre à l'eau, il faut se percher sur l'extrémité du plus haut et sauter loin au dessus des petits quand une vague passe. A imaginer, on se dit "ah gol-ri !", sauf qu'en pratique, c'est plus tendu étant donné la concentration d'oursins dans les cavités des roches. Une fois dans l'eau, c'est un massacre : on se retrouve comme dans un évier, balloté de droite et de gauche dans des conditions très solides (genre gros deux mètres aux séries). Le shape du line-up est tellement extraordinaire que ça vaut le coup franchement. L'ambiance à l'eau est très frenchy, on se retrouve entre basques, bretons et expatriés. Super session.

Je m'en vais me retourner dans ma kasbah en sécurité. Ce soir, Casa a l'air de craindre. Dans tous les cafés, ils repassent en boucle le discours de Benoit XVI, au feu rouge un mec s'est fait latté devant la gendarmerie royale, dans la rue un p'tit qui sniffait sa colle dans un pochon a mis un coup de coude à un vieux. Ca a dégénéré... Ici, nos apparts ressemblent à des bateaux gonflabes qui auraient jeté l'ancre dans le golfe persique. Le différentiel de niveau de vie entre deux rues adjacentes peut être énorme. Je ne partage pas tellement le point de vue des gens qui estiment que l'état des choses est voué à s'améliorer. Pourquoi serions nous forcément embarqués sur une planète qui nous tireraient vers un idéal ? Aujourd'hui, ce que je vois c'est pauvreté, galère et violence. La solution miracle que l'on a trouvé ici pour gérer tout ça c'est de canaliser la misère dans la rue. Pour canaliser la misère dans la rue, il suffit de hisser de hauts murs le long des palais.

Edaïe